EXTRAITS

Alex

Il apparait à l’arrière de la salle et harangue la scène.


Hé, ho, Monsieur Rocca. Vous savez que j’habite à moins de quatre cents mètres de ce foutu théâtre ? Hé, ho, Monsieur Rocca. Pourquoi avez-vous éprouvé le besoin de m’offrir cette balade empoisonnée, bordel ? Hé, ho, Monsieur Rocca. Il s’agit d’un bizutage pervers ou d’une initiation sadique ? Hé, ho, Monsieur Rocca.

Peut-être n’était-ce qu’une bonne plaisanterie faite aux dépens d’une journaliste petit-bourgeois de merde ? Hé ho, Monsieur Rocca. Envoyez-moi à Mogadiscio, Téhéran ou Benghazi mais ne me demandez plus de passer cette merde de périphérique. (Il s’assoit sur les gradins, exténué). Oh, je suis désolé, j’ai craqué.

Cela fait deux heures que je marche.(Il regarde sa montre). Mais qu’est-ce que je dis ? Cela fait trois heures que je déambule. Trois heures. De quartiers qui craignent en quartiers franchement glauques. Et puis ce type qui tranquillement, sans se presser, s’est directement servi deux cents euros dans mon portefeuille.

Et avec le sourire. Et moi, complètement tétanisé, j’ai laissé faire. Parce qu’il savait qui j’étais. Il savait ce que je ne pouvais qu’être. Il avait vite deviné Celui qu’on vole, qu’on plume, qu’on dépouille. Que vouliez-vous prouver, Monsieur Rocca ? Que vouliez-vous me dire que je ne sache déjà ? Je ne comprends pas ce jeu, bordel.
Et je ne l’apprécie pas non plus.